mardi 22 février 2011

Lorsque Sarkozy recevait Kadhafi

Après la libération des infirmières bulgares et alors que Nicolas Sarkozy était dans la première année de son mandat, le colonel Khadafi était reçu en grandes pompes en France. 

Voici ce qu'écrivait à l'époque Anne Giudicelli, consultante et spécialiste du monde arabe.


La France de Nicolas Sarkozy a foi en la Libye. Au point de lui accorder, dans sa grande miséricorde, ce que Jean-David Levitte a appelé « le droit à la rédemption ». À se demander si le conseiller diplomatique de l’Élysée n’a pas trop traîné aux États-Unis administrés par Georges W. Bush au point de lui chiper sa rhétorique chrétienne. C’est pourtant bien en ces termes que le sieur Levitte a justifié aux députés de la Commission d’enquête parlementaire française sur les conditions de la libération des infirmières bulgares, la politique de normalisation avec la Libye et la venue de Kadhafi en France : une main tendue à feu un État-voyou qui, pour avoir démontré sa « volonté affichée de s’ouvrir à la communauté internationale », mérite de se voir« offrir la possibilité de revenir » dans le droit chemin. Dans l’Évangile selon Jean-David, même les pires régimes peuvent vouloir expier leurs fautes. Par conséquent, reconnaître à un dirigeant qui ne peut s’être que fourvoyé « la volonté de tourner la page » ne peut que l’aider à le faire définitivement.
Sarkozy et Kadhafi
Optimisme béat ou méthode Coué ? S’il est vrai que le régime libyen a officiellement renoncé au terrorisme en 1999 puis à ses programmes d’armes de destruction massive en 2003, déclenchant la levée des sanctions internationales à son encontre, il reste à démontrer que la communauté internationale, et plus encore la population libyenne, y ont gagné. Franchement pas évident. Cette doctrine, très en vogue dans les cercles libéraux, consistant à parier sur l’électrochoc salutaire que produirait la réintégration de régimes condamnés par la loi internationale sur la situation intérieure de ces pays, a déjà montré ses limites concernant la… Libye.
Malgré les promesses de réformes en tous genres réitérées par les plus hautes figures du régime à leurs nouveaux partenaires occidentaux, le pays reste contrôlé par la même élite qui s’accroche à son statut. Pour préserver ses intérêts. Un rapport pondu par le Kings College London pour le ministère anglais de la Défense que Bakchich s’est procuré montre que les États-Unis se sont déjà fait avoir. Ils s’étaient laissés convaincre par les messages encourageants distillés par les mêmes, que le système de gouvernance libyen pouvait se muer en un système plus politiquement correct de République présidentielle. Lequel pouvait laisser présager quelques effets sur l’accès aux dividendes à en attendre pour le plus grand nombre, sur les droits de l’homme et la liberté d’expression. Voire même, soyons fous, sur l’émergence d’une opposition à Kadhafi qui, tant qu’à faire, serait favorable aux idées occidentales… Raté, mille fois râté. Malgré l’afflux depuis 1999 de compagnies étrangères, essentiellement pétrolières, une position géostratégique enviable, d’immenses ressources naturelles pour une population réduite, la Libye demeure dans un pitoyable état de pauvreté. Et jouit en prime d’infrastructures aussi archaïques que sa bureaucratie. En témoigne cette blague populaire qui veut que lorsque les inspecteurs de l’AIEA ont débarqué à Tripoli, ils n’ont pas trouvé d’armes de destruction massive mais seulement de la destruction massive…

Kadhafi & co

Les revenus issus de la corruption et l’économie parallèle ont par contre peu « souffert » du retour de la Libye dans le giron international. Ils affichent une santé insolente : un peu plus d’un tiers du PIB. En 2005, l’ONG Transparency International, qui traque les pratiques de corruption de par le monde, a d’ailleurs classé la Libye en 117ème position sur 158 pays. Bon à savoir pour les Français tentés de profiter de l’état de grâce bilatéral pour se lancer dans l’aventure…
Même si théoriquement la Jamahiriyah, littéralement « l’État des masses », est censée formaliser la gouvernance par le peuple à travers une hiérarchie de différentes enceintes de consultations, les Congrès du Peuple, la réalité est toute autre. La pléthore de ces instances de décision gérées par des fonctionnaires biberonnés à la bureaucratie n’a rien à voir avec les attributs d’une démocratie populaire. Mais davantage avec les ambitions d’un seul homme – le Guide – et de ses proches : sa famille et les hauts dirigeants du régime. Contrairement à la majorité de la population, contrainte dans le secteur public à exercer d’autres activités pour vivre ou soumis, dans le privé, à une administration peu encline à les laisser se développer, ces nouveaux enrichis sont les seuls vrais bénéficiaires de l’ouverture de la Libye à la communauté internationale. Les fils du Guide et ceux des notables bien en cour ont ainsi pu développer de lucratifs business (cf. Encadré).
Enfin, les redoutables Comités révolutionnaires, sorte de police politique chargée de réduire toute forme de menace à la pérennité de la Jamahiriyah et d’éliminer les opposants, n’ont pas faibli. Au contraire. À l’issue des violentes émeutes de février 2006 dans la région de Benghazi, où l’adhésion au discours islamiste est vécue comme une menace pour le régime, ils ont réintégré le Comité Général du Peuple, signant ainsi leur retour en grâce. La Jamahariyah a de l’avenir devant elle que ce soit sous Kadhafi ou après. La relève n’est pas prête de lâcher le morceau. Même le dauphin prédestiné, Seif Al-Islam, ne parle pas de réforme politique. Sa vision pour la Libye de demain oscille entre deux modèles, comme il l’a raconté à la presse allemande en 2006 : celui économique des Émirats Arabes Unis, et celui politique du Maroc… Malgré les vacheries et autres coups bas qu’il a envoyé par presse interposée à Nicolas Sarkozy après la libération des infirmières Bulgares, ses projets aux accents cynico-pragmatiques lui vaudraient bien une petite « rédemption » élyséenne à lui tout seul !

Difficile chasse aux biens étrangers de Ben Ali

France-Tunisie: La difficile chasse aux avoirs de Ben Ali & Co

Récupérer l’argent et les biens que Ben Ali et les siens ont à l’étranger est l’une des priorités du gouvernement. Mais l’exercice ne sera pas facile. Explications de Maud Perdriel Vaissière, déléguée générale de Sherpa, l’une des trois associations françaises à s’être lancées dans cette chasse.

WMC: Un mois après la chute de Ben Ali et trois semaines après le lancement de diverses procédures, où en est-on dans la chasse aux avoirs du clan Ben Ali et Trabelsi?

Maud Perdriel Vaissière:
 Très peu de temps après que Sherpa, Transparence International et la Commission Arabe des Droits Humains aient déposé plainte, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris. Un avion stationné au Bourget a déjà été saisi, mais on ignore si d’autres saisies ont été effectuées. En tant que plaignants, nous devrions recevoir dans les prochaines semaines copie des résultats de l’enquête de police.

D’autres procédures ayant le même objectif ont également été lancées en France -par Tracfin- et dans d’autres pays européens. Y a-t-il coordination entre elles?
Tracfin, la cellule anti-blanchiment en France, a lancé une mesure parallèle tout à fait favorable pour permettre aux choses d’avancer, en l’occurrence une vigilance renforcée concernant les transactions portant sur les avoirs ou les biens immobiliers pouvant appartenir à des proches de M. Ben Ali.

Ce serait bien que les différents parquets européens travaillent ensemble pour optimiser les chances de recouvrer ces avoirs illicites où qu’ils se trouvent, identifier les personnes physiques ou morales qui peuvent servir de prête-nom à ces différentes acquisitions. Mais on ignore si la coopération judiciaire est réellement effective entre ces différents Etats.

Y a-t-il collaboration sur ce dossier avec le gouvernement tunisien?
Nous n’avons pas été sollicités par le gouvernement tunisien. Nous avons initié la plainte avant que les autorités tunisiennes se mettent en place et prennent l’initiative de déposer la leur en Tunisie. Donc, on n’a pas de contact privilégié avec le gouvernement, mais nous nous tenons à sa disposition s’il veut notre concours ou des informations.

Votre avocat, Me 
William Bourdon, s’est récemment rendu en Tunisie. Pourquoi?
Il a essentiellement rencontré des personnalités de la société civile qui aimeraient créer une organisation de lutte contre la corruption en Tunisie.

A-t-on aujourd’hui une idée plus précise de ce que le clan Ben Ali possède en France?
Pour différentes raisons, il est aujourd’hui extrêmement difficile d’en apprécier l’importance. D’abord, parce que ces avoirs peuvent prendre différentes formes: dépôts bancaires, prises de participation, biens immobiliers, voitures, etc. Ensuite, parce qu’il faudrait déterminer la part illicite et celle qui ne l’est pas. Enfin, le traçage des biens est compliqué, parce que certains biens n’ont pas été achetés aux noms propres des personnes proches, mais en faisant appel à des prête-noms.

La justice est en train de faire son travail, espérons qu’elle le fera de manière optimale. On aura une meilleure idée dans les prochains semaines et mois.

Les biens acquis de l’argent provenant de commissions sont-ils considérés comme illicites?
Bien sûr. Investir des commissions illégales ce serait du blanchiment.

Craignez-vous que de l’argent ait pu être mis à l’abri dans les jours suivants le renversement du régime de Ben Ali et avant le déclenchement des procédures visant à leur gel?

Ce n’est malheureusement pas impossible. En tout cas, pour l’argent placé sur des comptes bancaires, les choses peuvent aller très vite puisqu’il suffit parfois d’un clic pour transférer des sommes d’un compte en France sur un autre domicilié dans une banque ayant son siège dans un paradis fiscal. Autant dire qu’il sera très difficile de remettre la main dessus. Mais pour ce qui est des avoirs immobiliers, cela prend plus de temps car on ne peut pas aliéner un bien du jour au lendemain.

A la lumière des cas précédents, quelles chances la Tunisie vous semble-t-elle avoir de récupérer les avoirs et biens de Ben Ali et de ses proches?
Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de précédents en matière de restitution des avoirs illicites. Le plus bel exemple est celui du Nigeria qui, après la mort de Sani Abacha, a pu récupérer 3 milliards de dollars. Pour la Tunisie, je suis optimiste et je ne pense pas que cela soit naïf de dire cela. Car, le problème dans ce genre d’opérations réside dans le fait qu’il est compliqué que les Etats –l’Etat victime et l’Etat receleur- soient de bonne volonté.

Dans le présent cas, les choses se présentent bien: la Tunisie a déjà manifesté sa volonté de recouvrer les avoirs, et les autres pays, dont la France et la Suisse, ont envie de montrer qu’ils sont prêts à collaborer avec le gouvernement tunisien. Je ne pense donc pas qu’on aura des difficultés.

L’argent éventuellement placé dans les paradis fiscaux est-il absolument irrécupérable?
Il est plus difficilement récupérable. Les représentants des Etats du G20 ont manifesté leur volonté de lutter plus efficacement contre les paradis fiscaux. Espérons que cette affaire pourra être l’occasion de mettre en avant le scandale que constituent les places de cette nature en matière de lutte contre la corruption.

Présidence tunisienne, M'Bazza et sa Lili


Les Tunisiens sont de plus en plus désemparés par l'incapacité totale du Président intérimaire, Fouad M'Bazza, à communiquer avec l'opinion publique. Pas une déclaration du gouvernement tunisien sur les événements sanglants tout proches en Libye. 
De même, le gouvernement tunisien demeure toujours aussi silencieux l'hospitalisation de Ben Ali à Djedda. De bonne source pourtant, on sait que Fouad M'Bazza est tenu au courant depuis huit jours du bulletin de santé de l'ex président. Or dimanche dernier, un étrange communiqué demandait à la fois aux séoudiens l'état de santé de Ben Ali (qu'il connaissait) et son extradition, particulièrement difficile dans l'état où il se trouve. Personne à Tunis ne comprend très bien les ressorts de cette démarche. La veille de ce communiqué, la télévision tunisienne montrait les images du fabuleux trésor de guerre amassé par Ben Ali, une info connue là encore depuis plusieurs semaines. Pourquoi cette offensive?
Alors que les grèves se multiplient et que la situation économique est de plus en plus tendue, laa Présidence actuelle, fantomatique, parait de plus en plus surréaliste."M'Bazza le Maurice Faure local", commente un diplomate français qui connait bien la Tunisie. "C'est un bon vivant, normalement lache, qui a travaillé un moment au barreau", explique un avocat.  Bourguibiste sous Bourguiba, benaliste sous Ben Ali, sans étiquette dans la phase actuelle, M'Bazza à 78 ans est connu pour avoir survécu, comme le grand radical que fut le français Maurice Faure, à tous les changements de régime ou de majorité. 
Sous le premier gouvernement après le 7 novembre 1987, dirigé par Hedi Baccouche (très présent ces derniers jours dans les coulisses du pouvoir), M'Bazza était ministre de la jeunesse et des sports. Mais l'actuel président intérimaire dut une légère disgrace à une gaffe de sa propre épouse, Lili, nouvelle "régente" intérimaire du Palais de Carthage. Durant une réception donnée par Ben Ali au début de son rêgne, les services de la Présidence avaient mal calculé le nombre d'invités. les derniers servis le furent dans des gobelets en plastique. ce qui valut cette réflexion de Lili: " Du temps de Nana (surnom affecteus donné à Wassila Bourguiba), cela ne se passait pas ainsi". Cette comparaison était insupportable pour Ben Ali qui eut vent de ctte réflexion. Exit M'Bazza du gouvernement.
Un président intérimaire qui ne parle pas assez, une épouse qui parle trop?

lundi 21 février 2011

Un père corse pour Khadafi?


Bakchich s'était penché à l'époque sur le passé peu transparent du chef de l'Etat libyen dont les exactions actuelles renvoient à un caractère pathologique, qui peut s'expliquer par des origines familiales compliquées. D'après l'enquète que Bakchich avait mené, Khadafi était le fils d'un officier corse, héros de la guerre de 39-45.

A lire absolument l'enquète sur le père corse de Khadafi 


L'AFP dans une dépèche, hier, vient d'évoquer aussi ce qui est plus qu'une hypothèse d'école Voici cette contribution
Kadhafi est-il le fils d'un aviateur corse de la France libre?
AJACCIO — Le colonel Mouammar Kadhafi est-il, comme le prétend une légende, le fils d'un officier corse des Forces aériennes françaises libres (FAFL) accidenté en Libye en 1941 et dont la base aérienne, dite de Solenzara, en Haute-Corse, porte aujourd'hui le nom?
"BA 126 - Capitaine Preziosi" est le nom officiel de cette base qui est un des maillons du dispositif mis en place dans le cadre des opérations militaires contre la Libye.
Site d'entraînement aux exercices de tirs et de bombardements des escadrons français et d'aviations de pays de l'Otan, la base, où n'est stationné en permanence qu'un escadron d'hélicoptères, est située sur le territoire du village de Ventiseri (Haute-Corse) et non sur celui de Solenzara (Corse-du-Sud), distant de plusieurs kilomètres.
Son nom est celui du capitaine Albert Preziosi, qui a servi en Libye en 1941 avant de tomber en combat aérien en Russie en 1943 au sein de la prestigieuse escadrille Normandie-Niémen.
Preziosi, dont la ressemblance avec Kadhafi, officiellement né le 19 juin 1942 à Syrte, est frappante, avait été accidenté dans le désert libyen en 1941.
La légende de la paternité du jeune officier corse né dans le village de montagne de Vezzani (Haute-Corse) en 1915 et engagé dès 1940 dans les FAFL à Londres, s'appuie sur certains témoignages d'anciens des FAFL.
Mais elle avait aussi été lancée en 1977 par un journal français d'extrême-droite pour discréditer les nationalistes corses au prétexte que Kadhafi les soutenait.
Preziosi aurait ainsi, selon la rumeur, été accidenté dans le désert à bord de son Hurricane et aurait été recueilli par des bédouins de la tribu Senoussi, nouant une idylle avec une jeune femme de la tribu dont il aurait eu un fils.
Cette hypothèse n'a cependant jamais pu être confirmée, notamment à partir de recherches dans les archives historiques de l'Armée de l'air.

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Révélations à Tunis sur les relations MAM-Ben Ali

Le journal Tunis Hebdo, un des rares à ne pas avoir été possédés par les clans familiaux autour de Ben Ali pendant l'ancien régime benaliste, révèle que le 27 décembre à Tabarka Michèle Alliot-Marie aurait tenu une réunion de travail avec le géénral Seriati, le chef des miliciens qui composaient la garde rapprochée de l'ancien président et Ragil Hadj Kacem, le ministre de l'Intérieur qui en décembre fait tirer sur la foule avant d'être démissionné par l'ex Président. Tous deux sont aujourd'hui en prison

" Il y avait un autre aspect du séjour de MAL, écrit le jurnal c'est la rencontres qquasi clandestine entre elle avec notre ancien ministre de l'Intérieur, Raafik Hadj Kacem et l'ancien chef de la garde présidentielle Ali Seriati....Une réunion a donc lieu le 27 décembre à 11hOO dans le salon d'honneur de l'hôtel Tabarka Beach entre les trois personnages. cette réunion secrète dure deux heures durant lesquelles Hadj Kacem et Seriati tentent de convaincre, par tous les moyens, l'ancinne ministre de l'Intérieur qu'elle fut, de les aider avin de "mater" la rébellion".

"C'est au cours de cet entretien secret que MAM sous la "pression" d'Ali seriati a fini par s'entretenir téléphoniquement avec Ben Ali"

Des informations qui, si elles se vérifient, ne vont pas faciliter le jeu de la diploamtie française ni l'image de MAM en Tunisie, en France et ailleurs.

Materi, 114665 dinars pour son hectare à Sidi bou said!!!

 Voici un contrat extravagant signé, le 11 mai 2005, entre l'Agence foncière d'habitation, organisme d'Etat, le gendre et ex dauphin présumé de Leila et de Ben Ali, portant sur l'achat du plus beau terrain de Sidi Bou Said d'une surface 10485 mètres carrés ( numéro du lot 119384);
Et bien ce terrain a été obtenu par Materi et son épouse Nisrin, à parts égales, pour la somme  de 114665 dinars, soit 59376 euros euros. Soit une somme dérisoire par rapport à la valeur de ce lot, quelque 25 millions de dinars. Materi a donc payé moins de 11 dinars le mètre carrés (moins de six euros)
Une bonne affaire apparemment.
Rx homme d'affaires prospère, Materi apparaît dans ce contrat comme "étudiant à l'étranger", tout en résidant au Palais de Carthage. ce qui est pour le moins contradictoire.
mais cette mention, "à l'étranger", lui permet officiellement de détenir des comptes en Europe ou ailleurs, comme en France où il disposait, indique-t-on de bonne source, de six millions d'euros.

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LA SUITE DEMAIN SUR D'AUTRES TRANSACTIONS DE LA FAMILLE






Ben Ali, le Picsou de la Tunisie, nouvelle version



Provocation de miliciens islamistes? Ou crime d'un illuminé intégriste? L'assassinat du père polonais Marek Marius Rybinski, retrouvé égorgé et le crâne défoncé chez lui après avoir reçu d'étranges missives antisémites, est dénoncé par l'ensemble des leaders politiques. Y compris le mouvement islamiste Ennadha, don un des dirigeants, Ajmi Ourimi, déclare publiquement: "C'est un crime contre un homme du livre.
Une des chances de la Tunisie nouvelle est de disposer de dirigeants islamistes sophistiqués et ouverts, prêts au compromis. Ce n'est le cas ni en Egypte, ni en Algérie. Mais hélas, Nahda ne couvre pas tout le champs politique islamiste, des groupuscules extrémidtes, formés à l'école djihadiste, polluent le paysage.
Et dans l'après midi de samedi, des milliers de manifestants marchent avenue Bourguiba: "Ni RCD, ni réactionnaires". Quelques centaines au même moment protestent devant l'Ambassade de France contre l'agressivité de Boris Boillon -"N'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles", le nouvel ambassadeur de France, qui a sur réagi à la question d'une jeune journaliste évoquant le cas de MAM et l'attitude de la France. Le diplomate s'est publiquement excusé, en arabe, à la télévision tunisienne. 
La reconquête de l'opinion française par notre diplomatie est mal barrée. L'après midi de cette manifestation, l'ambassadeur français dit des droits de l'homme, un certain François Zimmeray, n'a rien trouvé de mieux que de traiter Ben Ali dans un entretien au Monde de gangster éclairé. "Ben Ali n'était ni un démocrate, ni un dictateur comme les autres, plutôt une sorte de gangster éclairé".  Une vraie créativité conceptuelle!
Nouvelle bourde au moment où les Tunisiens découvrent à la télé la caverne d'Ali Baba qu'était devenu le Palais de Carthage, la résidence de la Régente de Carthage et de son dictateur préféré: des énormes liasses de dollars, des dollars, des bijoux, de l'or. La bibliothèque n'en était pas une, on est chez Picsou, version Borgia. Extravagant!!!
Les images de ce trésor de guerre passent au journal de France II. Dans le même JT, un long ITV de DSK. Lequel, mais était un grand ami de la Tunisie de Ben Ali. Ce qui lui a été rappelé. Et DSK, sans s'attarder sur sa participation bienveillante aux moindres manifestatins de l'ambassade tunisienne à Paris, a évoqué des déclarations, en décembre dernier, où il estimait que " le chomage des jeunes était une bombe à retardement pour le Maghreb". Quelle clairvoyance!
DSK ne s'est pas étendu non plus sur les rapports et déclarations fort favorables du FMI de DSK sur la Tunisie et qui ont grandement contribué à forge l'image du "miracle économique tunisien", dixit Chirac. Or aujourd'hui, des statisticiens viennent expliquer dans les journaux que les statistiques de croissance, plus 5% par an jusqu'il y a deux ans, étaient totalement tronquées.   
Samedi toujours, dans une grande librairie situé près du Stade de Tunis, cent cinquante tunisiens participent à une séance de signatures de "la Régente de Carthage", en présence de la grande, l'unique et la valeureuse Radhia Nasraoui, qui fut de tous les combats contre le tyran. Des questions innombrables sur la responsabilité française, des photos prises avec moi, des hommages nombreux, chaleureux, excessifs à mes yeux pour ce qui fut juste un travail journalistique normal de Catherine Graciet et moi même. "Ce qui était courageux, ai je expliqué, ce ne fut pas d'écrire ce livre, mais de le lire ici à Tunis, en prenant le risque de le rapporter dans ses valises et d'être arrêté à l'aéroport et malmené". 
Ce qui fut courageux, c'est de venir idci comme journaliste et sous la surveillance des flics de Ben Ali d'enquèter malgré tout. Je n'ai pas pu le faire, étant interdit de Tunisie. Christophe Boltanski à l'époque à Libération, un des journaux à dénoncer le régime, aujourd'hui au Nouvel Obs, l'a fait et l'a payé cher: une agression féroce, en 2005, en plein Tunis à coups de couteaux.
Durant cette manifestation, une jeune tunisienne, Sonia, m'apporte, sous enveloppe, une lettre ouverte "à 'intention de monsieur Nicolas Beau". 
La voici.

"Des tentatives hideuses et ciblées" contre les juifs.

Merci d'être parmi nous en Tunisie, merci pour ces livres dont vous faites, vous et votre collaboratrice cadeau aux esprits libres et éclairés.
je voudrais dire au peuple français 
Je voudrais dire au peuple français et aux peuples du monde entier et j'espère vivement que vous puissiez transmettre mon message. je voudrais dire, en tant que tunisienne, que mon peuple est un peuple pacifique et amical qu'il tend la main à toux ceux qui viennent vers lui, à conditions qu'ils puissent vraiment le respecter.
Ne perdez jamais confiance en lui quoi qu'il puisse arriver.
Comme beaucoup de tunisiens, j'ai été profondément indignée par la monstruosité du meurtre du prêtre polonais et grandement révoltée par certaines manifestations abjectes visant des lieux de culte juif.
Ce ne sont à mon sens que des tentatives hideuses et ciblées, orchestrées 
par quelques esprits sinistres et obscurs et visant à assombrir le tableau politique de notre pays en ce moment de gestation difficile. 
Peut-être espèrent ils aussi, par ces viles manifestations, ramener par une logique simpliste les Tunisiens à regretter "le bon vieux temps" du "protecteur" Ben Ali.
La violence est l'arme des faibles et la patience, la vertu des forts.
Le peuple tunisien qui a eu la force et le courage de se révolter contre l'un des régimes les plus despotiques de l'humanité, aura sans doute la patience de venir à bout e tous les dévergondés qui essaient encore de lui barrer la route qui mène à l'authentique liberté.
                Vive la Tunisie libre
                      Et merci

                             Sonia


                      
  Avoir vingt ans en Tunisie aujourd'hui est le plus bel age de la vie.